* Chef d'entreprise dans le bâtiment
Les chiffres de la croissance prévisible pour 2007 viennent de tomber. Nous serons aux alentours de 2%. Ce chiffre, qui contenterait certainement quelques uns de nos économistes et beaucoup de nos politiques, doit être considéré par tous comme nettement insuffisant.
Nous restons l’un des mauvais élèves parmi les puissances économiques, non seulement ceux qui font la course en tête comme la Chine et l’Inde mais ceux de notre environnement proche, c’est-à-dire de l’Union Européenne.
Oui, nous pouvons faire confiance au dynamisme de l’économie française et à la « furia francese », mais courir avec un boulet aux pieds, ça fatigue, ça lasse et ça épuise.
Il est urgent de transformer ce boulet en bouffée d’oxygène car nous avons besoin d’air et chacun connaît les recettes :
Favoriser l’innovation et la recherche ;
Alléger le coût du travail ;
Faire une maigrir l’ensemble de l’administration nationale et territoriale ;
Réduire la dette.
Osons affirmer que c’est 3, voire 4% qu’il nous faut et que nous avons tous besoin d’air et que nous sommes prêts à respirer à pleins poumons avec tous les Français qui le souhaitent.
2% nous fait prendre du retard sur nos voisins performants.
2%, cela ne suffira pas pour créer de la richesse.
2%, cela ne suffit pas pour créer de l’emploi.
Tout le monde le sait, personne ne le fait. Alors la période va être propice. Ayons le courage de le dire, de le faire savoir. Ceux qui osent et ceux qui oeuvrent doivent s’exprimer.






Un des freins au dynamisme économique en France est l’absence d’approche systémique dans la relation donneur d'ordre (Grande Entreprise) / sous- traitance (PME). Or les sous-traitants représentent de 60 à 80 % de la réalité économique française (emplois et production)
Nous devrions mener une réflexion d'avenir : les sous traitants représentent de 60 à 80 % de la réalité économique (emplois et production)
En Allemagne, au Japon, aux USA, en Chine…, la chaîne de sous-traitance fait partie intégrante de la chaîne de production globale. Cela implique une relation avec les Grands groupes basée sur des relations de partenariats (visibilité sur l'avenir, soutien bancaire, contrat de confiance, etc.). Conséquence ces pays sont meilleurs que nous sur le plan du dynamisme économique et des exportations grâce à un tissu de PME dynamique et confiante.
Qu’en pensez-vous ?
Rédigé par : Charles Duclos | 14 février 2007 à 14:16
il serait temps que nous dépassions la querelle idéologique des trente dernières années au nom de laquelle l'université n'a comme mission que de donner un bagage général alors que sa mission première est de préparer les étudiants qu'elle reçoit à s'insérer efficacement dans le monde actuel et en premier lieu dans le monde économique.
j'ai personnellement essayé de créer une passrelle entre la Faculté des Sciences et de Médecine d' une région aujourd'hui célèbre par sa Présidente pour faire valider un enseignement post- universitaire destiné à des médecins et l'un des arguments qui nous a été opposé, outre l'inertie du système et la complexité des circuits de décision, est que les enseigants ne sont pas au service des entreprises et n'ont pas pour vocation de les aider à dégager des profits.
J'invite ces esprits conservateurs à regarder ce qui se fait au-delà de nos frontières et à réfléchir au sens de leur mission.
La dernière année du cycle universitaire devrait, comme les écoles d'ingénieur ou de commerce,faire l'objet d'un stage avec rédaction d'un mémoire qui obligerait l'Université à créer des passerelles avec les entreprises comme le font depuis longtemps les Ecoles.
Rédigé par : MALAGUTI Bernard | 17 février 2007 à 10:30
« Un des freins au dynamisme économique en France est l’absence d’approche systémique dans la relation donneur d’ordre (Grande Entreprise)/sous- traitance (PME). »
C’est effectivement un point capital, avec également une réforme juste et adaptée des « marchés publics », pour apporter le véritable bol d’air dont nous avons besoin, plutôt que de devoir nous aligner constamment vers le bas en sciant la branche sur laquelle nous sommes assis…
Peu de chance que cette position plaise à la maison…
Rédigé par : Stephane Pagano | 18 février 2007 à 05:31
Par Thierry CHARLES / Docteur en droit / Directeur des Affaires Juridiques
« A partir du 15 octobre toute la France politique, de l’huissier, du ministère jusqu’au président de la République, est financée par recours aux veuves d’Edimbourg et au fond de pensions de Californie. »
Marc de Lacharrière
Il semble que la France ne perçoit pas le changement logiciel nécessaire aux modifications et aux réformes. Un exemple : la partie législative du nouveau code du travail vient d’être publié, il s’agissait en effet de « faire de la place » pour les 30 ans à venir, et que constate-t-on ? De 1891 articles nous sommes passés à 3652 articles à droit constant !
Plus grave sans aucun doute : le déficit budgétaire. Nous vivons dans un système où l’Etat, tous les ans à partir du 1er octobre, ne couvre plus ses dépenses par ses recettes. Lorsqu’un gouvernement dit avoir débloqué à partir du 15 octobre, X millions pour favoriser telle chose, encore faudrait-il préciser : « nous remercions la veuve d’Edimbourg et les fonds de pensions américains de bien vouloir prêter à l’Agence française du Trésor les sous pour permettre de faire telle ou telle opération ». Rien qu’un chiffre : la dette officielle correspond à 42 000 euros par français. Reste ainsi deux options : pour ceux qui en ont la possibilité, partir, et c’est d’ailleurs ce que les jeunes font de plus en plus, pour ne pas régler nos dettes, ou alors rester avec comme héritage la banqueroute et l’inflation .
C’est que les temps changent et nous changeons avec eux . Mais la corrélation entre deux faits ne signifie pas nécessairement que l’un soit à l’origine de l’autre. D’instinct, nous tendons à voir de la causalité dans des choses apparentes et tangibles, pas dans des phénomènes lointains et complexes. Nous croyons encore très (trop ?) fort aux effets à court terme.
Pour certains économistes, un pays comme la France doit revenir aujourd’hui à Schumpeter, l'un des économistes les plus connus du XXe siècle, qui a mis en avant le rôle majeur des innovations dans l'impulsion et la mise en mouvement de l'économie sous l'action de l'entrepreneur. Dans la conception de Schumpeter, l'entrepreneur incarne le pari de l'innovation, son dynamisme assure la réussite de celle-ci. L'entrepreneur est motivé par la réalisation de bénéfices générés par les risques pris et la réussite. C’est en effet tout le débat sur la politique industrielle depuis deux ans avec les « pôles de compétitivité », auxquels la Plasturgie est associée.
A noter qu’un an et demi après sa création par le Comité Richelieu et la banque Oséo, le « pacte PME », dont l’objectif est d’aider au rapprochement entre les PME innovantes et les grands groupes, réunit une trentaine de grands comptes et 1.200 PME. En un an, près de 73 contrats ont été signés et les promoteurs du « pacte PME » s’attendent à une montée en puissances de contrats signés cette année.
Nous sommes en effet dans une période de renouvellement considérable des technologies qui sont à la disposition du monde, c’est un facteur de productivité. Or c’est encore trop souvent le fait des Etats-Unis producteurs de biens de haute technologie qui, grâce à la loi de Moore, génèrent des gains de productivité très importants domiciliés quasi exclusivement sur leur territoire.
La Loi de Moore a été exprimée en 1965 par Gordon Moore, un des deux fondateurs d'Intel. Il expliquait que la complexité des semi-conducteurs proposés en entrée de gamme doublait tous les 18 mois à coût constant depuis 1959, date de leur invention. Cette augmentation exponentielle fut rapidement nommée Loi de Moore
En somme, outre la question de la dette publique, la croissance de la France dans les 10 prochaines années va dépendre de l’innovation, de la recherche et développement, de la compétitivité, des problèmes de l’offre, mais également de notre capacité à relever le défi de la formation, de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche . A cet égard, on observe que la faiblesse de R&D est largement due à la faiblesse de la recherche des entreprises dans la tranche entre 100 et 500 personnes.
Reste que demain une entreprise à l’échelle mondiale, pour rester compétitive, va devoir modifier et recomposer en permanence son portefeuille de territoires. Dès lors c’est bien la compétitivité future de la France comme base de production qui est en jeu. Alors Mesdames les veuves d’Edimbourg, merci de faire encore un petit effort, mais c’est pour la bonne cause !
Rédigé par : Thierry CHARLES | 25 avril 2007 à 16:23